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DISCOURS INAUGURAL DU COLLOQUE INTERNATIONAL SUR L’HÉRITAGE DE THOMAS SANKARA

26/10/2017

Mesdames et Messieurs les communicateurs;

Mesdames et Messieurs les journalistes;

Messieurs les participants;

Mesdames et messieurs les invités;



Par mes voix et voie, le Balai Citoyen est heureux de vous accueillir dans l’enceinte de l’Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo pour commémorer le trentième anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara. C’est autour de la mémoire de ce grand visionnaire, fils d’Afrique que nous allons nous réunir pendant deux jours pour des échanges que nous souhaitons ouverts et francs.

Soyez les bienvenues, vous qui avez quitté chez vous, pour venir ici au Burkina Faso, chez vous. Je vous souhaite la bienvenue, vous tous, dignes fils de ce continent dont Thomas Sankara a été le porte flambeau pendant une courte mais intense période de quatre ans. Je vous souhaite la bienvenue, vous tous dont la présence montre votre engagement à faire connaître, à perpétuer et porter les idéaux de Sankara pour une Afrique libre, digne et prospère. Sankara est fier de vous et en vous voyant ici ce matin, à l’Université Ouaga 1 Professeur Joseph Ki-Zerbo, il est fier de voir que sa prophétie se réalise. Il avait dit «Tuer Sankara, des milliers de Sankara naîtront». Aujourd’hui, votre présence à ce colloque montre que cette prophétie a été réalisée.

Mesdames et Messieurs,

«L’esprit de liberté, de dignité, de compter sur ses propres forces, d’indépendance et de lutte anti-impérialiste (…) doit souffler du Nord au Sud, du Sud au Nord et franchir allègrement les frontières. D’autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs » disait le Capitaine Thomas Sankara.

C’est sur cette note d’humanisme, d’optimisme et d’appel à la lutte pour l’émancipation des peuples africains et partant de tous les peuples qui aspirent à un épanouissement digne de l’humanité que j’aimerais entamer mon propos. Ce combat pour le bien-être de l’humain, cette exigence de lutte au service du peuple, cet engagement intègre pour la cause des démunis et des défavorisés, est pour nous ce qui caractérise le mieux le dirigeant politique et l’homme du peuple que fut Thomas Sankara. Et c’est avec humilité qu’en tant qu’héritiers nous sommes résolus à suivre la voie tracée par le capitaine Sankara et ses compagnons sincères. C’est aussi avec détermination et un sentiment de fierté au quotidien que nous poursuivons notre marche sur les jalons posés sous la révolution démocratique populaire de 1983.

«Nous préférons un pas avec le peuple que dix pas sans le peuple», aimait à dire Thomas Sankara. Sous ce prisme, la démocratie formelle, démocratie en trompe l’œil instauré à coup de milliards, mérite d’être placé par nous, au banc des accusés. En effet, l’effort d’être au service de la collectivité, de perpétuer les valeurs d’intégrité, de gouvernance au service des populations, de développement pour tous, voilà ce que nous, intellectuels, hommes de science, politiques, militants, héritiers de Thomas SANKARA, avons en partage. Ces valeurs constituent notre socle commun au delà des frontières théoriques imposées par le colonisateurs, de la couleur de notre peau et de nos origines.

C’est pourquoi le Balai Citoyen est heureux d’organiser ce colloque sur la REVOLUTION BURKINABE ET L’HERITAGE DE THOMAS SANKARA, qui nous l’espérons sera un moment inédit et historique de partage, de témoignages et de communion entre personnalités de divers horizons, mais ayant en commun le sens de l’effort pour servir la communauté, pour servir la Nation. Ce colloque revêt davantage une dimension capitale car il constitue pour nous un moment de rencontre, de partage et d’apprentissage à même d’affermir nos convictions et nos aspirations pour un Burkina Faso de démocratie vraie et de Justice sociale.

Mesdames et messieurs,


Trente ans après l’assassinat de Thomas Sankara, nous sommes heureux de constater son honneur, son aura, son image, son courage, son sens de patriotisme restent intacts et font la fierté de la jeunesse un peu partout dans le monde. Trente ans, c’est le long temps que nous avons vécu sans la présence physique de Thomas Sankara. Cependant, nous sommes réunis, pas pour pleurer, mais pour perpétuer la mémoire et les idéaux d’un grand homme. Nous sommes réunis pour célébrer une présence qui dure après la disparition physique. Nous sommes réunis pour saluer la persistance d’idéaux nobles, de combats justes et d’engagement sans calcul au profit de l’enfant, de l’élève, de l’étudiant, du travail. Nous sommes réunis pour saluer la persistance des idées d’un visionnaire qui s’est toujours battu pour la dignité et l’indépendance de l’Afrique.

Les idées de Thomas Sankara restent intactes, trente ans après son assassinat. Sankara a eu des approches spécifiques dans chaque domaine de la vie. Voilà pourquoi, ce colloque essaie de toucher les divers pans de la vie sociale. Pendant ces deux jours, nous discuterons de la conduite des affaires publiques sous la Révolution. Nous discuterons de l’héritage, de la singularité de la Révolution burkinabè, nous discuterons de l’économie et du développement, nous discuterons de la géopolitique. La pluralité des thématiques permettra à chacun d’entre nous de trouver un intérêt à ce colloque. Ce colloque est capital pour nous et pour les générations futures.

Pour le Balai Citoyen, qui a officiellement vu le jour en 2013 et s’est nourri de la pensée et de l’engagement de Thomas Sankara, c’était un devoir de marquer un arrêt à l’occasion de la commémoration des 30 ans de sa disparition pour saluer sa mémoire en invitant les politiques, scientifiques et militants à une discussion sans complaisance de son œuvre. Pour l’Afrique qui se cherche et doute encore de ses valeurs, ce colloque est un prétexte pour appeler Thomas Sankara à la rescousse.

Mesdames et Messieurs,

La révolution burkinabè tout comme la figure du Capitaine Sankara constitue aujourd’hui l’une des références historiques incontournables et indéniables pour la jeunesse burkinabè, la jeunesse africaine et la jeunesse mondiale. Cette révolution qui a tant fait rêver sur le continent a su aussi montrer avec poigne et enthousiasme le fait qu’avec peu de moyens, le progrès est possible. Le progrès est possible si l’on sait avoir une conscience assez élevée de sa tâche et surtout quand le sommet donne l’exemple aux populations par le travail, la rigueur et l’intégrité.

Cette révolution rompant avec l’attentisme et la procrastination politique ne s’est pas contenté de dire seulement ce qui «est» et d’espérer dans une sorte de millénarisme révolutionnaire ce qui doit être. Elle a osé se faire par la réflexion, l’action et l’amour de la Patrie. S’il fallait «oser inventer l’avenir », on peut dire aujourd’hui que le capitaine Thomas Sankara et ses compagnons sincères ont projeté devant nous cet avenir à construire, et nous invitent à accomplir notre part du devoir dans notre présent. En donnant à la gouvernance un visage humain, Thomas Sankara nous montre encore aujourd’hui que notre tâche est de transformer qualitativement notre Patrie, et cela en ayant une haute conscience de notre responsabilité citoyenne aujourd’hui et demain. Le Balai Citoyen depuis sa naissance s’est toujours inscrit dans cette dynamique inspirée du Capitaine Thomas Sankara: avoir une conscience élevée de sa responsabilité citoyenne aujourd’hui et demain! Voilà pourquoi notre credo a été d’être et de rester des sentinelles de la démocratie, des sentinelles qui ne veulent être et agir que pour le peuple, rien que pour le peuple.

Plusieurs sont ceux qui pensent que l’engagement gratuit, l’engagement au service de la communauté ne saurait être pérenne dans une époque où la quête du profit personnel, bien souvent au détriment du bien-être collectif, est érigée en guide de l’action. Cette crise des valeurs, conçue dans le nid du Front populaire, a pris son envol sous la 4èmeRépublique. En effet, sous présidence, Blaise Compaoré au moyen de la violence, de la corruption et de la ruse, avait érigé la patrimonialisation du pouvoir, le clientélisme, le népotisme et la culture de la médiocrité en règle de gouvernance et avait fini par gagner plus d’une personne, de toutes les générations et de toutes les catégories sociales. Mais les valeurs héritées de nos pères et de nos ainés restaient gravées dans les subconscients attendant d’être à nouveau actualisées. L’insurrection populaire dont nous célébrons aussi le troisième anniversaire au cours de ce mois d’octobre, fut la manifestation concrète de ces valeurs qui s’opposent à une gouvernance qui tendait à enlever au burkinabè toute marque de son intégrité. Le Capitaine Sankara nous avait montré la voie de l’honneur et de la dignité. 30 après son assassinant odieux et lâche, la vérité est que l’histoire lui a donné raison et les bourreaux d’hier ont déjà été condamné au tribunal de l’histoire en attendant le tribunal des hommes. Toutefois, nous n’aurons pas de réels motifs de satisfaction tant que la vérité, toute la vérité ne sera pas dite sur ces assassinats de Thomas Sankara et ses compagnons. Tant que la justice ne sera pas rendue à ces héros de notre histoire contemporaine, nous ne cesserons de crier, Vérité et Justice pour Thomas Sankara et ses compagnons!

Conscients du fait que notre peuple a toujours su démontrer sa capacité à se prendre en charge et sa résilience à se relever dans des moments de doute, nous restons confiants que l’avenir s’écrira encore en lettres d’or et que le Burkina Faso a le potentiel qu’il faut pour renouer avec les valeurs prônées par le Capitaine Thomas Sankara aussi bien dans la conduite des affaires publiques que dans la conjugaison des efforts des fils et filles du Faso pour bâtir ensemble un Etat au service des aspirations profondes du peuple. Ce colloque s’inscrit dans ce sillage de revivifier nos idéaux patriotiques avec tout le regard objectif, scientifique nécessaire qu’il faut et qui s’impose à nous, sur le passé afin d’en tirer les leçons pour le présent et l’avenir.

Mesdames et Messieurs,


C’est un jour assez unique dans la vie de notre mouvement et je voudrais saluer tous ceux qui ont acceptés de nous accompagner et qui n’ont ménagé aucun effort pour proposer des communications. Je voudrais aussi saluer au nom du Balai Citoyen tous ceux qui se sont montré disponibles pour faire des témoignages à l’occasion de ce colloque sur la Révolution burkinabè et l’héritage de Thomas Sankara. Votre disponibilité est pour nous une preuve suffisante de votre engagement pour la cause de la science, mais aussi pour les causes qui touchent à l’histoire de notre pays, plus particulièrement à l’histoire de la période révolutionnaire et ses idées. Nous sommes dans une logique de joindre le militantisme à la science, car pour nous le terme intellectuel devrait retrouver tout son sens originel dans cette époque ou notre pays et notre continent sont en pleines mutations: mettre son savoir au service de causes nobles et au service de la communauté. A ce propos nous sommes heureux de voir que notre pays regorge encore des intellectuels de haut niveau qui ont le sens de la collectivité mais aussi du militantisme au service de cette collectivité. Cela augure d’un avenir que l’on peut regarder avec un œil optimiste.

Au regard de l’importance que nous donnons à ce regard, je vous invite à être plus loquaces pendant ces deux jours. Faites de ces 48 heures d’inoubliables journées de débats sans passion autour des idéaux de Thomas Sankara. Je souhaite bonne inspiration aux différents panélistes et communicateurs qui vont se succéder ici. Je souhaite une concentration à tous les participants que nous considérons déjà comme des ambassadeurs de l’idéal Sankara. Je vous souhaite très bon colloque.

Je voudrais enfin remercier tous les participants à ce colloque, représentants de partis politiques, membres des organisations de la société civile, étudiants et élèves, camarades du Balai citoyen ici présents.

Je ne saurai terminer sans dire un mot sur ce qui se passe au Togo et qui témoigne une fois de plus de la soif de démocratie et de changement de paradigme politique de nos populations. C’est un devoir militant pour nous de soutenir le peuple frère du Togo en lutte contre un système inique de 50 ans. Cette solidarité militante est aussi l’une des voies que nous montre le premier cibal Thomas Sankara. Solidarité et soutien au peuple togolais! Solidarité et soutien au peuple congolais! Solidarité et soutien au peuple Burundais! Solidarité et soutien à tous les peuples en lutte! Comme nous le dit le capitaine «seule la lutte libère.»

La patrie ou la mort, nous vaincrons!

Je vous remercie et je déclare ouvert le colloque sur la révolution burkinabè et l’héritage de Thomas Sankara.

 


Ouagadougou, les 26 et 27 octobre 2017

Maitre KAM Guy Hervé Rommel

Porte-parole du Balai citoyen

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commentaire (1)

Posté par Ousmane OUEDRAOGO - 26/10/2017 à 14:19:17
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Discours très à la hauteur de l'événement (colloque). Bravo aux organisateurs et bonne chance pour la suite. Sankara revit et nous jeunes héritiers le sentons.
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"Seule la lutte libère" Thomas Sankara